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Insurtech

  • Demain l’Insurtech : deux questions à Anne Caroline Thabault

    Thabault.pngAnne Caroline Thabault

    Anne-Caroline Thabault a 25 années d’expérience dans le secteur de l’assurance. Elle a débuté sa carrière chez AXA en 1997 à la Direction marketing en tant que Chef de produit prévoyance et assurance vie, avant de rejoindre Prudential, filiale anglaise spécialisée en assurance vie qui s’implantait en France. Après 8 ans chez Gras Savoye où elle a travaillé à la Direction affinitaire en tant que Responsable de clientèle, elle a rejoint Chubb en 2012 pour reprendre la Direction des Risques de Particuliers.

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    Demain l’assurance : Qu’est-ce que la crise sanitaire a changé ?

    Anne Caroline Thabault : Notre mode de vie a radicalement changé, nous sommes devenus plus sédentaires que nous ne l’avons probablement jamais été. Notre maison est devenue notre base, le noyau d’où partent toutes les connexions avec le monde extérieur. Les salariés ont recours au quotidien à plusieurs outils internes, mais également externes pour pouvoir communiquer, multipliant ainsi l’utilisation d’applications diverses. Les parents ont dû se familiariser avec les portails scolaires.

    Avant la crise, chaque foyer avait en moyenne 8,2 appareils connectés(*). Cette statistique va probablement plus que doubler en 2021. Nous faisons face à un nombre croissant d’équipements et à une hyper connexion. Nous observons également que la manière dont nous achetons les produits et les services change aussi radicalement. Par exemple, la Fevad annonce une augmentation des achats en ligne de produits et services de 8.5% en 2020.

    Là où la France paie encore majoritairement en espèces pour acheter sa baguette, on se dirige certainement vers le modèle nordique où le liquide a pratiquement disparu et la majorité des transactions passent par le téléphone. Nous avions déjà pris l’habitude de manier la technologie avant la pandémie mais la crise a rendu presque tout le monde plus technophiles et, en même temps, plus dépendants des nouvelles technologies.

    Cette digitalisation est également au service des consommateurs, pour leur offrir une expérience fluide et personnalisée tout en respectant les réglementations en vigueur et la protection des données personnelles. Cependant, cette évolution des modes de consommation voit apparaître de nouveaux risques, comme la cybercriminalité, d'où la nécessité de travailler sur l'éducation et la prévention de ces risques pour les consommateurs et les entreprises.

    (*)Statista Resarch Department, Février 2020

    Demain l’assurance : Le business repartira-t-il as usual ?

    Anne Caroline Thabault : Les réseaux de distribution physiques resteront toujours présents mais cette période a également accéléré l’essor du e-commerce, et nous avons assisté à des changements sur les modèles de distribution. Faire ses achats en ligne, y compris l’assurance, peut être un processus facile et direct. Un client peut se renseigner, comparer et souscrire une assurance.

    Les assurances affinitaires d’un type de produit ou d’équipement connecté se démocratise également et se digitalise. Le digital est au cœur d’une distribution efficace avec une approche « product agnostic » où tout est intégré dans le propre écosystème du distributeur. Tout est rapide, fluide et simplifié. Ces solutions prêtes à l’emploi offrent de nombreuses fonctions : établissement de devis et de prix, solution de paiements, émissions de polices, gestion de réclamations ou de services A titre d’exemple, Chubb a créé une solution d’assurance clé-en-main, Chubb Studio, que ses partenaires peuvent intégrer dans leur propre environnement et personnaliser pour offrir à ses clients finaux une gamme de produits et services d’assurance.

  • Demain l’Insurtech : question à Frédéric Bidoux

    Bidoux.JPGFrédéric Bidoux

    Cofondateur et responsable du développement national et des partenariats assurances chez Sofinco/CACF

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    Demain l’assurance : S’achemine-t-on vers des stratégies tout digital ou le phygital trouvera-t-il toujours sa place ?

    Frédéric Bidoux : Tout d’abord il paraît intéressant de se poser sur la notion de stratégie. N’est-ce pas la façon de déterminer ses objectifs de définir les finalités à long terme et donc de pouvoir exprimer des choix futurs ? La question revient à débattre autour de la notion de choix …

    Les différents acteurs peuvent-ils ou pourront-ils réellement décider de leur stratégie ou la stratégie s’imposera-t-elle d’elle-même ? La projection dépend aussi de là où on part et dans ce cas nous pouvons distinguer deux cas de figures :

    • Les assurances distribuées concomitamment à un bien de consommation (celles qui sont bien connues de la FG2A),
    • Le caractère accessoire de l’assurance fait que celles-ci suivront les évolutions digitales des enseignes qui distribuent les produits de consommation,

    La tendance est là ! Elle est marquée ! Le champ des possibilités se développe.

    Par exemple, le nombre des voitures vendues en full web (et donc les services assurances associés hors IARD) se développe de façon plus que significative. Le digital prend une place de plus en plus importante mais il restera sans doute certainement toujours le plaisir de voir/toucher/regarder les produits avant d’acheter !

    Dans notre second cas pour les assurances qui sont vendues en stand alone, il parait difficile de défendre la théorie du plaisir d’acheter ! Reste la confiance et la proximité mais cela sera-t-il suffisant ?

    La crise sanitaire nous a réorientés vers un retour aux sources mais cela va-t-il durer ? Toujours est-il qu’avant d’arriver à une cible il y a toujours des étapes et que le vrai décideur c‘est le client qui recherche encore des solutions multiples et donc cross canal qui intègrent aussi le téléphone.

    Ne sommes-nous pas en train d’opposer le libre-service à la vente accompagnée alors que les deux modèles peuvent cohabiter ?

  • L’éthique devient-elle une dimension incontournable, ou juste le sujet d’un nouveau « greenwashing » ?

    Thaeder.png

    Denis Thaeder

    Diplômé d’un master de la Paris School of Business en 1988, Denis Thaeder est Chief Mission Officer de Wakam depuis septembre 2019, en charge d’implémenter et de piloter la trajectoire de Société à Mission de l’assureur digital.

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    La pandémie aura accéléré une tendance, les entreprises déjà fortement challengées ces dernières années par des consommateurs attentifs sont en train de faire évoluer leur modèle et leur rôle au sein de la société. Au cœur de la crise, elles se sont adaptées pour protéger leurs collaborateurs mais également leurs familles quand elles ne transformaient pas leurs activités pour produire ce qui manquait, gel hydroalcoolique, masques ou services de proximité.

    Selon une étude récente du cabinet Edelman interrogeant les salariés, « les Français attendent des entreprises qu’elles donnent la priorité à l’humain avant les profits (73%) ». L’éthique en entreprise n’est plus une option ou un bonus mais une autre dimension recherchée. Elle permet de s’inscrire dans l’ère du temps, de répondre aux aspirations sociétales voire désormais légales (instauration du délit d’écocide). L’enjeu est donc de faire cohabiter dans une logique vertueuse résultats économiques et éthique. Mais cette éthique est-elle illusion ou réalité ?

    A l’heure où les députés durcissent les sanctions à l’encontre des entreprises ayant recours au « greenwashing » on peut légitiment se poser des questions sur les velléités éthiques et de bonne conduite des entreprises. Ce n’est pas un hasard si l’on associe à chaque initiative sa dérive, on parle maintenant de « socialwashing », « missionwashing » et même « feminismwashing ». Certainement parce qu’à l’instar de l’actualité il faut démêler le vrai du faux, l’info de l’intox, l’intention de l’action, l’opportunisme de la sincérité. Ces dérives sont si fréquentes qu’un prix est même décerné chaque année aux entreprises les plus douées en la matière, le prix Pinocchio pour récompenser « le meilleur du pire » en matière de greenwashing !

    Alors que faut-il faire pour éviter de tomber dans cet écueil, d’aucuns estiment qu’il vaut mieux ne pas agir de peur de s’attirer les foudres de la critique, le mutisme plutôt que l’opprobre du « washing ». D’autres souhaitent agir pour faire le bien et ne nous le cachons pas pour s’inscrire dans la tendance mais ne savent pas comment procéder pour rendre compatible éthique et entreprise. Enfin quelques valeureux enthousiastes, mais malheureusement une espèce encore trop rare, estiment qu’il est de leur devoir d’agir « for good » et vont jusqu’à se transformer en société à mission avec un véritable impact sur leur organisation puisque cela implique d’intégrer une raison d’être dans ses statuts et de prendre des engagements mesurables suivis par un comité de mission et audités par un organisme indépendant.

    C’est ainsi que nous voyons naître une nouvelle catégorie d’entreprise, celle qui œuvre « for good », mais arriveront-elles durablement à concilier performance financière et engagement éthique en menant des actions pour le bien commun ?

    Dans tous les cas, la seule démarche qui vaille, est la démarche sincère, en pensant davantage aux conséquences de sa bonne conduite qu’aux « likes » que la communication autour de l’action va collecter sur les réseaux sociaux. Si l’entreprise souhaite faire bouger les lignes et qu’elle investit des moyens dans cette démarche, qu’elle identifie ses faiblesses ou celles de son secteur et cherche à y remédier sans occulter les difficultés rencontrées alors sa démarche ne pourra pas être taxée de « missionwashing ».

    Si foncièrement sa volonté n’est que dans l’image qu’elle souhaite se racheter, que ses actions sont de la poudre aux yeux pour redorer son blason par ailleurs terni pour des faits et actes peu scrupuleux alors elle aura tout à perdre ! Inscrire l’éthique dans son ADN est une chose, la diffuser au sein de chaque équipe en est une autre, la culture a un rôle immense à jouer dans la construction d’une entreprise éthique, elle est même au cœur du processus pour que chaque collaborateur trouve du sens à ses actions.

    Le socle proposé par la loi PACTE offre un cadre idéal pour se structurer et se transformer en entreprise performante mais pourvue d’éthique. C’est cette démarche que nous avons initiée chez Wakam, leader de l’assurance digitale en Europe, devenue « société à mission » en mars 2021 en inscrivant notre raison d’être « Rendre l’assurance transparente et impactante » dans nos statuts et en définissant 9 engagements concrets et mesurables.